Menace de fermeture pour Google Brésil

27/10/2007
Fonte: 
http://www.lematin.ma/Info/Article.asp?id=15172
Autor: 
Da Redação, AFP
Veículo de Imprensa: 
Veículo Internacional

Les autorités brésiliennes menacent de fermeture et de lourdes amendes la filiale brésilienne de Google, accusant son réseau social Orkut d'encourager la violence, la pornographie et la pédophilie dans certains de ses contenus.

Depuis 2006, le ministère public fédéral de Sao Paulo demande à Google Brésil d'éliminer les contenus d'Orkut -dont Google Inc est propriétaire- qui encouragent le racisme et la discrimination et véhiculent de la pornographie et de la pédophilie.

Orkut, le réseau social de Google, fait fureur au Brésil surtout parmi les jeunes, mais certains de ses contenus racistes, pédophiles ou homophobes, font peser sur le géant américain de l'internet la menace d'une lourde amende et de graves difficultés commerciales.

Google s'était engagé en mai 2006, à retirer d'Orkut les contenus faisant l'apologie de tels délits et à remettre à la justice brésilienne les données des utilisateurs de ces communautés.

Dans la liste des contenus à éliminer figurait notamment une page sur l'organisation criminelle "Premier Commando de la Capitale" (PCC) à l'origine d'une vague de violence s'étant soldée par 180 morts en mai 2006.

Google qui n'en a rien fait se voit réclamer par le parquet de Sao Paulo 61 millions de dollars "pour dommage moral collectif". Une audience de conciliation a été fixée au 13 novembre prochain.

La communauté virtuelle Orkut compte quelque 50 millions de membres dans le monde dont 26,5 millions (53,5%) au Brésil où elle a été implantée en 2005.

Des millions de jeunes internautes échangent des discussions, des plaisanteries de quartier, des nouvelles "people", abordent des questions politiques, philosophiques ou sportives.

Mais l'organisation brésilienne de surveillance de l'internet, Safernet dit avoir détecté quelque 45.000 pages internet portant atteinte aux droits de l'Homme dont 93,7% sur Orkut.

Et 40% des pages d'Orkut incriminées ont trait à la pédophilie et 28% à l'incitation au crime, d'après Safernet.

Pour Google Brésil, il s'agit d'une "évaluation" du contenu différente de la sienne.

"Nos façons de calculer sont différentes", a déclaré à l'AFP Alexandre Hohagen, directeur général de Google, sans donner de chiffres.

Google assure avoir installé sur Orkut des mécanismes d'alerte permettant de signaler tout contenu abusif.

"Les pages passibles de retrait vont des spam aux communautés qui incitent à la violence, à celles qui proposent de maltraiter les animaux, aux communautés montrant des photos de personnes nues, etc", a précisé M. Hohagen.

Google travaille également à la fourniture d'outils d'alerte instantanée à diverses organisations, y compris à Safernet, a assuré le responsable du géant de l'internet.

Cependant, Safernet et le parquet brésilien réclament en vain l'accès aux données d'Orkut auprès de Google Brésil qui affirme ne pas y avoir lui-même accès, arguant que ces données sont stockées sur les serveurs de la maison mère aux Etats-Unis, Google Inc, et protégées par les lois américaines sur la défense de la vie privée et la liberté d'expression.

Selon M. Hohagen, l'entreprise pourra collaborer avec la justice brésilienne à partir du moment où les plaintes seront adressées directement à Google Inc.

"Quand une plainte arrive à Google Brésil, nous demandons qu'elle soit renvoyée à Google Inc. C'est la règle pour n'importe quelle multinationale", a-t-il déclaré.